Le gouvernement congolais, sous l’impulsion de Denis Sassou Nguesso, et le géant USG Congo s’allient pour lancer une offensive métallurgique historique dans le Niari et à Pointe-Noire. En transformant localement son minerai de fer en acier, le pays bascule définitivement dans l’ère de la haute souveraineté industrielle.
Le Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso, vient de donner une impulsion décisive à la stratégie d’industrialisation de la nation lors d’une rencontre au sommet avec Fatih Gülsün, président-directeur général de la société USG Congo. Les deux dirigeants ont acté le déploiement de projets structurants majeurs axés sur la valorisation du minerai de fer de Mayoko, situé dans le département du Niari (sud). Cette offensive économique s’avère d’une importance capitale : elle vise à doter le pays d’une unité de traitement de minerai de fer de dernière génération et d’un complexe de production d’acier au cœur de la Zone Économique Spéciale (ZES) de Pointe-Noire, positionnant ainsi le Congo comme l’acteur métallurgique de référence en Afrique centrale.
Du fer de Mayoko à l’acier de Pointe-Noire : La fin de l’exportation brute
Le cœur de ce grand partenariat industriel repose sur une rupture économique radicale : dépasser définitivement le simple stade de l’exportation de matières premières brutes pour capter la valeur ajoutée sur le sol national. La mise en service prochaine de l’unité de traitement de Mayoko permettra de purifier le fer directement sur le site d’extraction. Le minerai sera ensuite acheminé vers la capitale économique, Pointe-Noire, pour y être transformé en acier de haute qualité destiné aux marchés locaux et régionaux.
Pour soutenir techniquement et logistiquement cette ambition, le gouvernement et USG Congo ont planifié la réhabilitation complète de la liaison ferroviaire stratégique reliant Mayoko au Port autonome de Pointe-Noire. Ce chantier d’infrastructure lourd apparaît comme le maillon essentiel pour fluidifier le transport de millions de tonnes de minerais. Il s’accompagnera d’investissements massifs à court et moyen terme pour soutenir la croissance du secteur, favoriser l’emploi industriel et accélérer le transfert de compétences technologiques vers la main-d’œuvre locale.

💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de juin 2026, l’offensive sidérurgique menée à Mayoko et Pointe-Noire marque le véritable acte de naissance de l’indépendance industrielle de la République du Congo. Pendant des décennies, l’Afrique a souffert de la « malédiction des matières premières », exportant ses minerais à bas prix pour réimporter des produits finis hautement coûteux.
Produire de l’acier localement est capital : c’est le matériau de base indispensable pour construire les ponts, les bâtiments, les rails et les futures usines de toute l’Afrique centrale. En verrouillant cette chaîne de valeur complète, le gouvernement Collinet Makosso sécurise une diversification économique historique hors pétrole, génère des milliers d’emplois qualifiés et non délocalisables pour la jeunesse du Niari, et garantit que la richesse du sous-sol congolais serve en priorité le développement durable et la croissance de sa propre population.
Le Niari et la ZES de Pointe-Noire au cœur du Plan national de développement
Ce projet d’envergure nationale s’inscrit en parfaite adéquation avec la feuille de route économique de l’exécutif congolais, résolu à faire du potentiel minier un puissant levier de croissance inclusive. Les discussions approfondies entre les experts d’USG Congo et les cadres ministériels confirment qu’une zone industrielle sur mesure sera implantée dans la ZES de Pointe-Noire pour accueillir les hauts fourneaux. Ce complexe industriel créera un effet d’entraînement positif sur d’autres secteurs connexes, comme la sous-traitance logistique, la maintenance mécanique et la fourniture d’énergie.
La réhabilitation du rail entre le Niari et le littoral témoigne également d’une vision d’aménagement du territoire harmonieuse. En interconnectant les bassins miniers de l’intérieur du pays aux infrastructures portuaires de la côte, le Congo muscle son réseau de transport national. Cette dynamique offre au pays les armes économiques nécessaires pour s’imposer sur le marché de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) grâce à des produits manufacturés compétitifs.
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Le Congo est-il prêt à s’imposer comme le poumon sidérurgique de l’Afrique centrale ?
Le basculement de la République du Congo dans l’industrie lourde de l’acier suscite un immense sentiment de fierté et d’espoir à travers tout le pays. En parvenant à concrétiser le projet de Mayoko et à moderniser son réseau ferroviaire, Brazzaville démontre sa maturité technique et sa capacité à attirer des investisseurs industriels d’envergure mondiale.
Cependant, le calendrier de livraison des infrastructures ferroviaires et de l’usine de Pointe-Noire saura-t-il tenir les délais face aux exigences des marchés mondiaux ? La capacité du pays à relever ce défi logistique sera observée de près par tout le continent, et la projection vers un Congo puissance industrielle est désormais en marche.



