Le président du Sénat, Pierre Ngolo, a accordé une audience stratégique à la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Au cœur des échanges : le financement de projets verts phares et la mobilisation de la jeunesse pour sanctuariser le Bassin du Congo.
Le jeudi 4 juin 2026, le président du Sénat congolais, Pierre Ngolo, a reçu en audience officielle à Brazzaville une délégation de haut niveau de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour l’Afrique centrale, conduite par son représentant régional, Alphonse Waguena. Cette rencontre bilatérale de premier ordre s’inscrit dans le cadre du lancement de la toute première édition des journées francophones de l’innovation environnementale en action dans le Bassin du Congo. L’enjeu de ce tête-à-tête politique est crucial : il s’agit d’unir le pouvoir législatif national aux ressources multilatérales de la francophonie pour accélérer le déploiement de projets écologiques concrets, protégeant ainsi le deuxième poumon vert de la planète tout en positionnant le Congo comme le leader de la transition écologique régionale.
Le Projet 19 de Louise Mushikiwabo : L’OIF déploie son plan vert majeur à Brazzaville
Lors des entretiens au Palais des Congrès, Alphonse Waguena a exposé en détail la nouvelle feuille de route environnementale globale de l’institution francophone. Depuis l’accession de la secrétaire générale Louise Mushikiwabo à la tête de l’organisation, l’OIF a opéré une profonde restructuration interne pour rationaliser ses actions sur le terrain. Les projets, autrefois éparpillés et moins visibles, ont été rigoureusement rassemblés au sein de grands programmes d’action unifiés, communément appelés « projets phares ».
Le pivot de cette nouvelle stratégie est le « Projet 19 », un programme d’envergure mondiale dont l’un des volets majeurs est intitulé « Soutien aux initiatives environnementales dans le Bassin du Congo ». C’est précisément pour matérialiser ce plan sur le terrain que l’OIF a réuni à Brazzaville une grande assemblée de délégués sectoriels. Ce rassemblement inédit regroupe des dizaines de jeunes entrepreneurs et de femmes engagées venus de six pays d’Afrique centrale, à savoir le Cameroun, le Gabon, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo (RDC) et bien sûr la République du Congo.

💡 Pourquoi c’est important
En ce mois de juin 2026, l’activation du Projet 19 de l’OIF à Brazzaville marque un tournant décisif dans la diplomatie environnementale et la souveraineté écologique de l’Afrique centrale. Le Bassin du Congo n’est plus seulement un sujet de recherche scientifique, mais le terrain d’une guerre économique où la préservation de la biodiversité doit impérativement générer des richesses locales.
Intégrer directement les réseaux parlementaires à cette dynamique est capital : cela garantit que les lois nationales s’adaptent en temps réel aux exigences de la finance verte internationale. En ciblant prioritairement les femmes et la jeunesse de six pays de la sous-région, l’OIF et le Sénat congolais créent un bouclier d’innovation locale, prouvant que l’écologie de terrain est le premier moteur d’emplois durables hors pétrole pour le continent.
Cap sur l’APF à Yaoundé : Les parlementaires congolais en première ligne
Au-delà des grands chantiers climatiques régionaux, Pierre Ngolo et Alphonse Waguena ont profité de cette audience pour peaufiner l’agenda politique de l’été. Les discussions ont ainsi mis le cap sur la préparation de la 51e session annuelle de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF), qui se tiendra du 7 au 12 juillet prochain à Yaoundé, au Cameroun. Ce sommet législatif francophone sera l’occasion pour l’Afrique centrale de porter une voix unifiée face aux bailleurs de fonds internationaux.
Le représentant diplomatique de l’OIF a tenu à saluer chaleureusement le dynamisme exceptionnel de la section nationale de l’APF Congo, dont Pierre Ngolo assume fièrement le rôle de président d’honneur. Très active et écoutée au sein des instances internationales, la diplomatie parlementaire congolaise entend bien utiliser la tribune de Yaoundé pour accélérer le vote de lois communes sur la protection des forêts et attirer de nouveaux investissements internationaux au cœur de la zone CEEAC.
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L’Afrique centrale est-elle prête à imposer sa loi verte à l’échelle internationale ?
La collaboration renforcée entre le Sénat du Congo et l’OIF insuffle une dynamique prometteuse pour l’avenir de l’intégration sous-régionale. En parvenant à lier la puissance des institutions parlementaires à l’énergie créative des jeunes et des femmes du Bassin du Congo, Brazzaville démontre sa capacité à guider la transition sociétale du continent.
Cependant, les conclusions et les projets de lois qui naîtront de l’APF à Yaoundé recevront-ils l’appui financier nécessaire de la part des superpuissances polluantes pour être immédiatement efficaces sur le terrain ? La fierté des délégations réunies à Brazzaville est immense, et la projection vers une Afrique centrale maîtresse de ses ressources écologiques est désormais lancée.



