Face aux exigences de la ZLÉCAF, la modernisation du fret terrestre congolais passe à la vitesse supérieure. À Pointe-Noire, les cadres et agents des directions départementales renforcent leurs capacités autour du Document unique de transport (DUT), un outil réglementaire et digital hautement stratégique pour l’économie nationale.
Ce samedi 13 juin 2026, l’industrie du camionnage et de la logistique en Afrique centrale a franchi un palier décisif sous l’impulsion de la direction générale des Transports terrestres. Réunis à Pointe-Noire sous la houlette d’Armélia Josline Itoua Ndaké, responsable nationale du Bureau de gestion de fret terrestre (BGFT), les cadres et agents des directions départementales de Pointe-Noire et du Kouilou ont participé à une session intensive de renforcement des capacités axée sur les nouveaux outils de régulation du fret. Cet arbitrage technique s’avère d’une importance capitale : en matérialisant l’application de la loi de finances n° 47-2024, le Congo modernise et digitalise la gestion de ses corridors routiers afin d’améliorer l’efficience des transports, d’asseoir sa souveraineté économique et de concrétiser son ambition de devenir la plaque tournante logistique incontournable de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf).
BGFT et loi de finances n° 47-2024 : L’arsenal juridique pour harmoniser les corridors sous-régionaux
La session de formation, co-animée par Alain Serge Ebba et Sorel Hosdame Ngokaba, respectivement directeurs départementaux des Transports terrestres à Pointe-Noire et au Kouilou, s’est concentrée sur l’harmonisation de la politique des corridors au niveau sous-régional. Au cœur des échanges figuraient les leviers de rupture du BGFT, notamment la Bourse unique de fret, la télématique embarquée, l’observation des pratiques anormales et le Document unique de transport (DUT). Ces instruments visent à offrir une transparence totale du marché tout en luttant efficacement contre les goulots d’étranglement logistiques qui freinent le commerce intra et inter-États.
Le cadre légal et fiscal est désormais solidement ancré pour soutenir cette restructuration. Les participants sont revenus en détail sur la loi de finances n° 47-2024 du 30 décembre 2024, qui institue formellement la taxe du BGFT. Ce dispositif juridique permet de financer durablement l’industrie du camionnage et met des spécificités techniques sur mesure au service direct des transporteurs et des chargeurs, garantissant une meilleure compétitivité des voies de communication terrestres nationales.

Sécurisation juridique et Big Data : Comment le DUT transforme les règles du jeu pour les chargeurs
Le DUT s’impose désormais comme la pierre angulaire de cette profonde mutation sectorielle. Comme l’a signifié Armélia Josline Itoua Ndaké, ce document standardisé et numérisé simplifie drastiquement la gestion de la logistique au niveau intra et inter-États. Sur le plan administratif et juridique, il vient matérialiser officiellement le contrat de transport, sécurise les conditions d’exécution des livraisons, délimite précisément les responsabilités du transporteur et établit de manière incontestable la propriété de la marchandise à l’égard du donneur d’ordre.
Au-delà de sa valeur juridique protectrice pour les opérateurs économiques privés, l’exploitation des données issues du DUT offre à l’État un outil d’aide à la décision exceptionnel. En cartographiant les flux, les volumes et les trajectoires du fret terrestre, la direction générale des Transports terrestres disposera d’une connaissance fine et scientifique du marché. Ces précieuses données statistiques permettront de mieux orienter, anticiper et ajuster les politiques publiques en matière d’infrastructures et de régulation commerciale.
💡 Pourquoi c’est important pour l’avenir économique du Congo
En ce mois de juin 2026, l’activation généralisée du Document unique de transport (DUT) est capitale car elle marque l’entrée du Congo dans l’ère de la logistique de précision et de la transparence commerciale. Dans la perspective de l’intégration de la République du Congo dans la Zlécaf, la performance des corridors routiers n’est plus un simple indicateurs de croissance, mais un véritable levier de souveraineté économique.
Digitaliser et réguler efficacement le fret terrestre est un enjeu d’attractivité et de compétitivité majeur pour le pays. En éradiquant les pratiques anormales sur les axes routiers et en sécurisant juridiquement les chargeurs, le Congo rassure les investisseurs et optimise ses voies de communication terrestres reliant le Port autonome de Pointe-Noire à l’hinterland. C’est le signal fort d’un État stratège qui modernise ses administrations pour capter la valeur ajoutée du commerce transfrontalier et propulser son économie locale au rang de plaque tournante de l’Afrique centrale.
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L’engagement affiché par les agents des directions départementales de Pointe-Noire et du Kouilou lors de ce séminaire démontre une réelle prise de conscience des enjeux de performance qui pèsent sur l’administration publique. Voir les acteurs de la logistique routière s’armer de technologies de pointe et de règles harmonisées suscite un élan de fierté légitime pour le développement de nos infrastructures économiques.
Cependant, face aux réalités complexes du terrain et aux habitudes bien ancrées des transporteurs routiers, l’administration parviendra-t-elle à imposer la dématérialisation totale du DUT sur l’ensemble des corridors routiers d’ici la fin de l’année ? Le défi de la connectivité et du contrôle rigoureux des pratiques anormales reste entièrement ouvert, la pression sur les agents formés est maximale, et la projection du Congo vers son destin de hub logistique majeur de la Zlécaf est résolument en marche.



