Élu à la deuxième vice-présidence du puissant Conseil des ministres de la Zlécaf, le Congo propulse la ministre Jacqueline Lydia Mikolo au cœur des décisions stratégiques continentales pour imposer les intérêts de notre sous-région.
À l’issue de la 18e réunion du bureau du Conseil des ministres en charge du Commerce de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlécaf) qui s’est tenue récemment à Abuja, au Nigeria, la République du Congo a été officiellement désignée au poste hautement stratégique de deuxième vice-présidence de cette instance panafricaine, succédant ainsi à la République démocratique du Congo grâce au mécanisme de rotation et au soutien unanime des pays membres. Cette nomination propulse la ministre congolaise du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, Jacqueline Lydia Mikolo, comme la représentante officielle et le porte-voix exclusif des intérêts de l’Afrique centrale au sein de la gouvernance exécutive de la Zlécaf. Ce triomphe diplomatique s’avère d’une importance capitale : en plus de valider le choix précurseur de Brazzaville d’avoir créé un ministère entièrement dédié à cette intégration, cette position de force permet au Congo d’infléchir directement les orientations économiques continentales, d’accélérer le plaidoyer pour la ratification des instruments juridiques par les États de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale) et de préparer méthodiquement l’adoption des réformes majeures lors de la Conférence des chefs d’État prévue en février prochain.
Le leadership de Brazzaville plébiscité : L’hommage de Wamkele Mene au modèle congolais
La passation de pouvoir entre les deux Congo à la table du bureau de la Zlécaf témoigne du dynamisme et de la crédibilité retrouvée de la diplomatie économique congolaise. En endossant cette nouvelle responsabilité internationale, Jacqueline Lydia Mikolo se voit confier la mission historique de faire avancer les dossiers douaniers en souffrance, de lever les barrières non tarifaires qui bloquent les corridors et de renforcer le plaidoyer sous-régional.
Lors des assises d’Abuja, cette montée en puissance a été saluée de manière appuyée par le secrétaire général de la Zlécaf, Wamkele Mene, ainsi que par la ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et des Investissements. Les deux hauts dirigeants ont publiquement félicité l’initiative du Congo d’avoir sanctuarisé un portefeuille ministériel exclusivement dévolu aux enjeux de la Zlécaf. Ce choix politique fort démontre aux yeux du continent la volonté des plus hautes autorités congolaises de placer l’intégration africaine au centre des politiques publiques et d’affirmer un leadership effectif.
Cap sur le sommet de février : Les recommandations stratégiques d’Abuja
La rencontre d’Abuja n’était pas seulement honorifique ; elle a servi de cadre pour examiner les principales orientations stratégiques relatives à la mise en œuvre opérationnelle du marché unique. Les ministres ont minutieusement préparé les feuilles de route qui seront soumises à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement en février prochain, une échéance qui doit acter le passage à une vitesse supérieure pour les échanges commerciaux interafricains.
Par la voix de sa ministre, le Congo a formulé plusieurs recommandations clés visant à réaffirmer son engagement à faire de la Zlécaf un instrument d’intégration économique inclusive, protecteur pour les filières locales. Cette participation proactive à la 18e réunion du Conseil des ministres envoie un message fort en faveur d’une mise en œuvre accélérée des accords sur le territoire national, s’inscrivant en droite ligne avec le programme de développement et de modernisation économique porté par le gouvernement.

### 💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce début de mois de juillet 2026, l’accession du Congo à la vice-présidence du Conseil des ministres de la Zlécaf est capitale car elle donne à Brazzaville un pouvoir d’influence législatif et commercial direct sur les règles du marché unique africain. Rester un simple spectateur des négociations économiques régionales aurait condamné nos industries naissantes et nos PME à subir de plein fouet la concurrence des géants industriels du continent sans pouvoir défendre nos spécificités nationales.
Maîtriser ce levier de gouvernance est un enjeu de diversification économique, de souveraineté douanière et d’intégration sous-régionale absolue pour le Congo d’ici 2031. Alors que plusieurs pays de la CEEAC hésitent encore à ratifier pleinement les instruments de l’accord, la ministre Jacqueline Lydia Mikolo se positionne désormais en pivot central pour débloquer les barrières protectionnistes d’Afrique centrale. C’est le signal fort que le Congo n’est plus seulement un pays signataire, mais l’un des principaux architectes de la future puissance économique africaine, garantissant que nos commerçants et entrepreneurs accèdent sans entraves à un marché de plus d’un milliard de consommateurs.
Le marché unique africain face au défi de la réalité : Le Congo est-il prêt pour le grand choc de la compétitivité ?
L’élection du Congo au bureau exécutif de la Zlécaf suscite une immense fierté collective et une réelle vague d’espoir parmi les chefs d’entreprise, les importateurs et les coopératives artisanales de Brazzaville et de Pointe-Noire, impatients de voir s’ouvrir de nouveaux débouchés commerciaux pour le savoir-faire national. Ce succès diplomatique d’Abuja projette l’économie congolaise vers des horizons d’expansion majeurs pour la période 2026-2031, installant la vision du pays au cœur de l’échiquier commercial africain. Les fondations institutionnelles sont désormais solidement posées, mais le passage du droit douanier à la réalité des marchés de quartier soulève un grand débat de société.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Dès lors, face à l’ouverture progressive des frontières douanières qui s’accélérera après le sommet des chefs d’État en février prochain, nos structures industrielles nationales parviendront-elles à relever le défi de la compétitivité d’ici la fin de l’année 2026 face aux géants économiques ouest-africains ? Le ministère de Jacqueline Lydia Mikolo réussira-t-il à convaincre l’ensemble des partenaires de la CEEAC de lever leurs barrières non tarifaires pour créer un bloc d’Afrique centrale fort et uni, ou les réflexes protectionnistes locaux paralyseront-ils cette grande ambition panafricaine ? Le débat sur l’avenir de notre souveraineté commerciale est totalement ouvert, la détermination de nos leaders est à son paroxysme, et la métamorphose de nos échanges promet de transformer durablement notre quotidien.



