Face à une facture d’importation élevée, le gouvernement accélère sa stratégie agropastorale portée par le Plan national de développement 2022-2026. Entre Zones agricoles protégées, appui de la BAD via le Prodivac et engouement de la GFAC à Bambou-Mingali, le défi réside désormais dans la connexion efficace des bassins ruraux aux marchés urbains.
Ce vendredi 14 août 2026, la transition économique et la quête d’autosuffisance alimentaire en République du Congo connaissent un tournant stratégique. Malgré des millions d’hectares de terres arables fertiles et un réseau hydrographique exceptionnel, le pays continue d’importer une part prépondérante de sa consommation de base. Pour inverser cette dépendance et créer des opportunités professionnelles pour la jeunesse, les pouvoirs publics intensifient le déploiement des Zones agricoles protégées (ZAP), s’appuient sur des partenariats financiers internationaux majeurs et mobilisent les producteurs à travers la deuxième édition de la Grande foire agricole du Congo (GFAC).
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Les Zones agricoles protégées et le Prodivac : Les piliers de la modernisation agropastorale
Initié en 2020, le concept des ZAP s’impose comme l’outil le plus structurant de la politique agricole nationale. Conçues pour sécuriser le foncier et regrouper les forces de production, ces zones s’étendent aujourd’hui sur plus de quinze régions, des plaines d’Odziba (Inoni Plateau, Yono-Kiani) aux rives de Loukoléla (ZAP de Bolouaka), en passant par le district de Ngo dans les Plateaux. L’État y attribue des terres sécurisées aux coopératives et leur injecte d’importants moyens techniques : tarifs préférentiels sur les engrais et les semences améliorées (manioc, maïs, pastèque, arachide) et suivi vétérinaire gratuit pour les élevages.
Pour soutenir cette transition à grande échelle, le gouvernement s’appuie sur le Projet de développement intégré des chaînes de valeur agricoles (Prodivac), financé par la Banque africaine de développement (BAD) — une institution qui consacre désormais plus de 90 % de ses investissements au Congo au secteur agricole. Le Prodivac intervient dans la structuration des filières stratégiques (manioc, maïs, volaille, poisson) et finance la création de plateformes logistiques de stockage ainsi que de marchés de gros à Brazzaville et Pointe-Noire afin de réguler la chaîne d’approvisionnement.
GFAC de Bambou-Mingali et PND 2022-2026 : Mobiliser les 15 départements et stimuler la transformation locale
En parallèle des mesures d’incitation à la production, la Grande foire agricole du Congo (GFAC) offre une vitrine d’exposition et de mise en réseau. Ouverte le 5 août au village Bambou-Mingali et se poursuivant jusqu’au 20 août, cette deuxième édition rassemble les acteurs agropastoraux des quinze départements de la République.
Producteurs, transformateurs et coopératives y présentent leurs savoir-faire tout en échangeant sur les défis cruciaux de la transformation locale, du conditionnement et de la commercialisation. Cette dynamique concrétise les deux priorités fixées par le Plan national de développement (PND 2022-2026) : garantir la souveraineté alimentaire de la nation et résorber le chômage des jeunes.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, le basculement de l’économie congolaise vers la souveraineté agricole est fondamental car il conditionne la stabilité sociale et l’autonomie financière du pays. Analyser les ZAP et la GFAC comme de simples vitrines d’exposition serait une erreur de perspective : face aux tensions inflationnistes mondiales et au coût des denrées importées, faire du secteur agropastoral le premier moteur de croissance hors-pétrole est le seul moyen de protéger le pouvoir d’achat des ménages et de fournir un emploi décent à la jeunesse.
Sécuriser le foncier rural, structurer les chaînes de valeur avec le soutien de la BAD et connecter les bassins de production aux centres urbains sont des enjeux de sécurité nationale, d’aménagement du territoire et de diversification économique absolus pour la période 2026-2030. Si le gouvernement réussit ce passage à l’échelle supérieure, le Congo stabilisera durablement les prix des produits de première nécessité.
Plus d infos sur Le Journal du Congo
Prospective 2026-2030 : Raccorder les bassins de production ruraux aux grands centres de consommation
La réussite totale de la politique agricole dépendra de la capacité du pays à franchir un nouveau cap logistique. L’accent doit désormais être mis sur la pérennisation des réseaux de transport et la création de voies d’évacuation fluides reliant les campagnes aux grandes villes.
Pour la période 2026-2030, la mise en service effective des marchés de gros et le renforcement des unités de transformation locale permettront de réduire les pertes post-récoltes et de contenir l’inflation alimentaire à Brazzaville et Pointe-Noire. La montée en puissance des coopératives rurales transformera l’agriculture de subsistance en un secteur économique attractif et rentable.
Le partenariat scellé entre l’État, les bailleurs de fonds et les producteurs en ce milieu d’année 2026 confirme la volonté de la République du Congo de faire de la terre le pilier central de son indépendance économique.


