Au soir d’un meeting historique à Djambala, les notables tékés ont remis au candidat de la majorité les attributs du pouvoir ancestral, scellant une union mystique et politique pour le scrutin du 15 mars.
Le Sacre de Djambala : Quand la Tradition Adoube l’Ambition
Le département des Plateaux n’est pas une simple étape dans la géographie électorale du Congo-Brazzaville ; c’est un sanctuaire de la légitimité traditionnelle. Ce mercredi 4 mars 2026, après avoir harangué une foule immense à Djambala, le candidat Denis Sassou N’Guesso a vécu un moment d’une rare intensité symbolique. Reçu en soirée par les sages et notables tékés, il s’est vu réaffirmer une allégeance qui dépasse les clivages partisans.
« Vous êtes chez vous, chef », ont déclaré les dignitaires. Ces mots, prononcés sous le poids de l’histoire, ne sont pas de simples politesses de campagne. Ils marquent l’intégration du candidat dans la lignée des protecteurs du terroir. En lui remettant les attributs de la chefferie légués par les ancêtres, les notables ne font pas que soutenir un programme politique ; ils confient au Chef de l’État la « force de combattre » pour le salut des Congolais.
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Les Symboles du Pouvoir : Un Arsenal de Paix et de Sagesse
La cérémonie a été marquée par la remise d’objets sacrés, chacun porteur d’une charge politique et spirituelle profonde. Le balai, symbole de la sagesse lors des palabres, rappelle la capacité du dirigeant à purifier le débat public et à réconcilier les fils du pays. La queue d’éléphant, attribut de puissance, et le couvre-chef, garant de la paix et de la tranquillité, viennent compléter cette panoplie de la gouvernance traditionnelle.
Une libation a clôturé cette rencontre, invoquant les mânes pour que l’unité et la paix président à chaque action future de Denis Sassou N’Guesso. Pour le président-candidat, cette onction est capitale. Sa réponse, « Le chef ne donne qu’une seule parole qu’il ne transgresse pas », souligne la sacralité du contrat social et spirituel qui vient d’être renouvelé. Il a exhorté les sages à traduire ces symboles en bulletins de vote le 15 mars, rappelant que la légitimité se construit au village avant de se confirmer dans l’urne.
L’Appel de Florent Ntsiba : Vers un Plébiscite National
L’événement a également été le théâtre d’une mobilisation politique orchestrée par Florent Ntsiba. Ce dernier a invité les dignitaires des Plateaux, mais aussi ceux des autres départements, à « compétir » pour assurer un plébiscite au candidat de la majorité. Cette stratégie de « compétition de loyauté » entre les régions souligne l’importance de la cohésion nationale autour de la figure présidentielle.
Alors que sept candidatures ont été validées par la Cour Constitutionnelle le 20 février dernier, ce soutien massif des Plateaux envoie un message clair à la concurrence. Dans un département où les enjeux agricoles et fonciers sont majeurs, l’assurance d’une victoire dès le premier tour se précise.
Le Ciment de l’Unité Nationale
Cette rencontre de Djambala illustre parfaitement la singularité du modèle politique congolais, où la modernité institutionnelle s’appuie sur le socle immuable de la tradition. Pour Denis Sassou N’Guesso, fort de ses 82 ans et d’une expérience inégalée, ce bain de tradition est une source de jouvence politique. Le 15 mars 2026, ce n’est pas seulement un président que les électeurs choisiront, mais le gardien d’un équilibre entre les mânes de la terre et les défis du futur.



