Portée par le ministre togolais Robert Dussey, une résolution historique de l’Assemblée générale des Nations unies recommande des planisphères fidèles aux proportions réelles du globe. Face à l’opposition solitaire des États-Unis et aux représentations rivales de Pékin et Moscou, cette réhabilitation visuelle de l’Afrique — quatorze fois plus vaste que le Groenland — consacre la carte comme une arme d’influence géopolitique majeure.
Ce lundi 7 septembre 2026, la diplomatie multilatérale s’est saisie d’un symbole séculaire aux répercussions idéologiques considérables. À travers l’adoption d’une résolution officielle, l’Assemblée générale des Nations unies appelle à l’abandon progressif de la projection de Mercator au profit de modèles cartographiques respectant scrupuleusement les proportions réelles des terres émergées. Conçue au XVIe siècle et centrée sur l’Europe, la grille de Gerardus Mercator étire démesurément les surfaces au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Cette distorsion historique fait apparaître le Groenland aussi vaste que l’Afrique, alors que le continent africain s’étend sur une superficie quatorze fois supérieure à celle du territoire arctique.
Portée avec détermination par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, l’initiative rappelle avec force que les cartes ne constituent pas de simples tracés géographiques neutres, mais des instruments politiques qui façonnent directement la perception mentale du monde et les rapports de domination.
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La carte comme instrument de puissance : Entre hégémonie américaine et modèles rivaux
Le vote de l’Assemblée générale a mis en lumière des fractures géopolitiques nettes. Les États-Unis ont été le seul pays à voter contre cette résolution onusienne. Sur les projections proportionnelles plus fidèles, le territoire américain apparaît nettement plus réduit par rapport aux immenses masses continentales du Sud global, venant heurter une tradition visuelle ancrée depuis des décennies dans la culture stratégique de Washington — rappelant la posture de Franklin D. Roosevelt immortalisée en 1942 devant un planisphère plaçant l’Amérique au centre du monde.
Cette compétition visuelle s’exprime également chez les autres puissances. La Chine s’appuie depuis longtemps sur des planisphères officiels plaçant l’Empire du Milieu en position centrale et reléguant le continent américain à la périphérie. De son côté, la Russie prépare sa propre offensive symbolique : le président Vladimir Poutine a décrété que 2027 serait « l’année de la géographie », avec pour objectif la publication de nouvelles cartes officielles russes conformes à sa vision souveraine des équilibres mondiaux.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois de septembre 2026, la résolution de l’ONU est fondamentale car la géographie visuelle conditionne l’inconscient collectif et la hiérarchie des puissances dans l’opinion publique mondiale. Analyser cette décision comme un simple ajustement technique serait une erreur de perspective : réduire visuellement la taille de l’Afrique depuis près de cinq siècles a contribué à marginaliser son poids démographique, économique et géostratégique dans les relations internationales.
Décoloniser l’enseignement de la géographie, intégrer des cartes proportionnelles dans les manuels scolaires et réaffirmer la grandeur physique du continent sont des enjeux de souveraineté cognitive, d’influence diplomatique et de fierté africaine absolus pour la période 2026-2030.
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Imposer une nouvelle vision du monde dans les écoles et les institutions
L’adoption de cette résolution ouvre un chantier d’envergure pour l’Union africaine et les institutions éducatives continentales.
Pour la période 2026-2030, la généralisation de planisphères équivalents et proportionnels dans les écoles, les administrations publiques, les médias et les plateformes numériques permettra de substituer à l’héritage colonial une vision équilibrée des rapports de force spatiaux.
La prise de position de l’Assemblée générale en ce début septembre 2026 marque ainsi une étape décisive dans l’émancipation intellectuelle et l’affirmation géopolitique du continent africain sur la scène internationale.



