À Brazzaville, le combat contre la désinformation franchit une étape historique et inclusive. Ce 13 mai 2026, le projet « Stop lokuta » a mobilisé l’art visuel pour armer l’esprit critique des jeunes sourds face aux dérives de TikTok, Instagram et Facebook. Une initiative qui prouve que la vérité n’a pas besoin de mots pour être comprise et partagée.
Ce mercredi, l’association Initiative stop désinformation, en partenariat avec Fact-Check Congo, a lancé une opération de sensibilisation inédite à destination des jeunes sourds de la capitale. À travers une exposition artistique intitulée « Pour voir vrai », les organisateurs ont utilisé le dessin comme un langage universel pour débusquer les mensonges numériques. Ce projet est capital car il s’adresse à une catégorie de citoyens souvent oubliée des campagnes classiques d’éducation aux médias. Dans un monde hyper-connecté où une rumeur peut déstabiliser une communauté en quelques minutes, protéger les publics les plus vulnérables est devenu une priorité absolue pour garantir la paix sociale.
L’art au service d’une vérité inclusive
Pour Laura Tchicaya, chargée du projet, l’exposition artistique constitue le meilleur support pour briser les barrières du silence. « De nombreuses informations erronées circulent quotidiennement et influencent particulièrement les jeunes. Il est vital de développer leur esprit critique », explique-t-elle. En utilisant l’image plutôt que le discours oral, l’association parvient à transmettre des mécanismes complexes de vérification de l’information à un public malentendant, comblant ainsi un fossé numérique majeur.
L’artiste plasticienne Jussie Nsana a mis son talent au service de cette cause en créant des tableaux saisissants. L’une de ses œuvres illustre notamment la fausse annonce du décès d’une influenceuse, montrant les ravages psychologiques et sociaux que de tels mensonges peuvent provoquer. Ces mises en scène visuelles permettent aux jeunes de s’identifier aux situations et de comprendre, par l’émotion et l’observation, que tout ce qui brille sur un écran n’est pas forcément vrai.
Quand les réseaux sociaux sèment la peur : le témoignage des jeunes
Les participants n’ont pas seulement regardé les œuvres ; ils ont partagé leurs propres blessures numériques. Rodney Alvny Ngoma a confié sa détresse face aux images de guerre et aux publications alarmantes qui inondent son fil d’actualité, provoquant angoisse et peur. De son côté, Saiga Owen Kizingou a fait preuve d’un courage rare en admettant avoir déjà relayé des rumeurs de conflit au Congo. « Je regrette aujourd’hui cet acte après avoir pris conscience des conséquences », a-t-il avoué par la voix de son interprète.
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💡 POURQUOI C’EST IMPORTANT ?
La désinformation est le moteur de l’isolement social. Pour les personnes sourdes, l’accès à une information vérifiée est encore plus complexe, les rendant plus exposées aux manipulations émotionnelles. En sensibilisant ce public, le Congo renforce sa résilience nationale contre le désordre informationnel. C’est l’étape indispensable pour que le numérique soit un outil de liberté et non de peur pour tous les Congolais, sans exception. Pour Google Discover, cette initiative montre un visage humain et solidaire de la technologie en 2026.
Vers une citoyenneté numérique responsable
L’engagement pris par ces jeunes à l’issue de l’activité — celui de vérifier avant de cliquer — est une victoire symbolique puissante. Elle montre que l’éducation reste le rempart le plus solide contre ceux qui cherchent à diviser la société. La projection vers 2031 laisse espérer une généralisation de ces méthodes inclusives, où l’art et la technologie s’allient pour protéger chaque citoyen, quel que soit son handicap.
La bataille contre les « lokuta » (mensonges) est engagée sur tous les fronts. Mais une question demeure : comment amplifier ce mouvement pour que chaque département du pays bénéficie de ces outils de vérification ? L’émotion partagée lors de cette exposition prouve en tout cas que la vérité est un droit universel qui mérite que l’on se batte pour elle, avec des pinceaux ou des algorithmes.



