Organisé ce 17 août 2026 à Brazzaville avec l’appui du PNUD, l’atelier national sur la ZLÉCAF vise à doter les entreprises congolaises des outils nécessaires pour conquérir un marché de 1,3 milliard de consommateurs. Entre certification d’origine, normes de qualité, digitalisation, accès au crédit et rôle central des femmes commerçantes, le gouvernement passe à l’action.
Ce mercredi 19 août 2026 (à la suite de l’ouverture officielle intervenue le 17 août), l’intégration économique de la République du Congo au sein du plus grand marché unique au monde franchit un cap opérationnel majeur. La ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, chargée de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLÉCAF), Jacqueline Lydia Mikolo, a ouvert à Brazzaville un atelier national stratégique sur le thème : « Les entreprises congolaises face aux marchés africains : défis, opportunités et perspectives ». Organisée en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette rencontre réunit décideurs publics, dirigeants d’entreprises du secteur privé et partenaires techniques pour transformer le potentiel du « Made in Congo » en succès commercial à l’échelle du continent.
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Un socle juridique solide et un marché de 3 400 milliards $ de PIB
Signataire de l’accord fondateur en mars 2018 à Kigali et l’ayant ratifié dès février 2019, le Congo s’appuie sur une stratégie nationale validée depuis 2020, renforcée en février 2026 par une cartographie précise des barrières non tarifaires. Dans son allocution, la représentante résidente du PNUD au Congo, Adama-Dian Barry, a rappelé les retombées financières considérables du marché continental : 1,3 milliard de personnes, un PIB cumulé de plus de 3 400 milliards de dollars et des gains globaux estimés à 450 milliards de dollars d’ici 2035.
Pour tirer parti du port en eau profonde de Pointe-Noire et de ses ressources agricoles et forestières, le Congo doit désormais parachever la domestication des textes, le paramétrage des systèmes douaniers et la notification des autorités habilitées à délivrer les certificats d’origine ZLÉCAF.
Exigences de compétitivité, accompagnement des femmes et forum régional d’octobre 2026
Soulignant l’élection du Congo à la vice-présidence du bureau du Conseil des ministres du Commerce de la ZLÉCAF, la ministre Jacqueline Lydia Mikolo a rappelé que l’accès au marché africain exige des normes de qualité irréprochables. Pour les PME et industries congolaises, la formalisation, la digitalisation, la labellisation et la conformité aux critères d’origine ne sont plus des options, mais des impératifs de survie commerciale.
Mettant un accent particulier sur l’inclusion, la ministre a rappelé que les femmes représentent plus de 70 % des commerçants du secteur transfrontalier. Elle a annoncé la tenue en octobre 2026 à Brazzaville d’un Forum régional sur les femmes et les jeunes dans la ZLÉCAF, en présence du secrétaire général de l’organisation continentale, pour garantir une participation équitable aux retombées de l’intégration.
POURQUOI C’EST IMPORTANT
En ce mois d’août 2026, la préparation opérationnelle des entreprises congolaises à la ZLÉCAF est fondamentale car elle conditionne la réussite de la diversification économique hors-pétrole. Analyser cette libéralisation commerciale comme un simple accord diplomatique serait une erreur de perspective : sans certification d’origine, sans soutien financier aux PME et sans respect des normes de transformation locale, les produits congolais risquent d’être supplantés sur leur propre marché par les importations régionales.
Faciliter la délivrance des certificats d’origine, intégrer plus de 70 % de femmes commerçantes dans les circuits officiels et valoriser les atouts logistiques de Pointe-Noire sont des enjeux de souveraineté économique, d’emploi et de compétitivité industrielle absolus pour la période 2026-2030.
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Du statut de pays importateur à celui d’exportateur industriel
L’atelier de Brazzaville permettra de sélectionner un premier groupe d’entreprises pilotes de manière à tester l’ensemble de la chaîne d’exportation sous préférence tarifaire ZLÉCAF, depuis la déclaration en douane jusqu’à la livraison finale.
Pour la période 2026-2030, la synergie entre les ministères économiques, le secteur privé et le PNUD offrira au Congo la capacité d’exporter ses produits transformés (bois, agroalimentaire, produits manufacturés) vers les marchés d’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est.
Les résolutions adoptées en ce milieu d’année 2026 confirment l’ambition du Congo de s’imposer comme un carrefour commercial dynamique au cœur du continent.



